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Le Triangle Dramatique De Karpman

Le triangle dramatique de Karpman

Un scénario relationnel typique entre persécuteur, sauveur et victime

Croyez-vous que le rôle du sauveur soit plus noble que celui de bourreau? Pourtant, aucun n’est meilleur ou pire qu’un autre, les deux sont tout aussi toxiques pour notre santé relationnelle que celui du rôle de victime. Ces trois figurations, qui ne sont pas des personnages mais plutôt des réactions comportementales illustrées, représentent le triangle dramatique de Karpman; un outil psychologique inventé par le psychologue du même nom pour expliquer certains problèmes relationnels. Ces rôles sont complémentaires ; dans le triangle dramatique, c’est la Victime qui mène le jeu. Sans Victime, ni le persécuteur, ni le sauveur ne peuvent jouer. Ils perdent alors leur sens qui n’a plus de fondement.

Ces rôles sont néfastes pour différentes raisons et peuvent avoir une influence déterminante dans l’échec d’une communication saine en plus d’avoir le potentiel de ruiner la dynamique entre des individus en relation. Il est même possible de jouer les trois rôles; pas simultanément mais en incarnant celui qui est le mieux adapté à la situation. Une victime peut donc se transformer rapidement en bourreau ou en sauveur, selon le contexte.

L’amour véritable n’encourage aucun de ces rôles. Il est bénéfique d’abandonner ce triangle vicieux afin de devenir un adulte libre, capable d’aimer sainement. Sinon, nous entretenons l’illusion d’équilibre qui règne dans ce jeu psychologique parfois inconscient, souvent dangereux. Pour mieux connaître cet espace duquel il est préférable de sortir, il est important d’identifier le ou les rôles que nous jouons ainsi que de repérer le jeu de nos interlocuteurs. Explorons donc ensemble les comportements de ces trois rôles toxiques, qui se nourrissent d’un mélange de peur et de manque de confiance en soi ou d’estime personnelle.

 

LE SAUVEUR (À NE PAS CONFONDRE AVEC UN SAUVETEUR, TRÈS UTILE DANS NOTRE SOCIÉTÉ)

Ah! Le bon samaritain qui porte secours… même quand on ne lui a rien demandé. À première vue, ce rôle permet d’avoir une bonne image de soi, et aussi de projeter une image positive auprès des autres.  Il semble généreux, mais souvenez-vous qu’il ne peut exister sans victime, qu’il considère inférieure à lui-même. Son rôle nécessite la participation d’une personne qui lui fait confiance et le sauveur ne se sent utile que lorsqu’il nourrit cette dynamique de contrôle envers un individu dépendant.

Malgré les bonnes intentions du sauveur, ce rôle est infantilisant pour la personne qu’il tente de sauver. En voulant l’aider à tout prix, il déresponsabilise la victime et la rend encore plus vulnérable. En agissant ainsi, il retire le pouvoir des mains d’un autre être humain pour mettre cette charge sur son dos. L’aide qu’il apporte est inefficace, car elle encourage la passivité de la victime. Sans une victime présente, le rôle de sauveur perd sa raison d’exister. A-t-il vraiment intérêt à ce que la situation s’arrange ?

Subtilement ou inconsciemment, le sauveur qualifie la victime d’incapable : selon sa perception, la personne qu’il tente de secourir  ne pourrait pas s’en sortir sans sa présence. Souvent déçu et fatigué de constater que la victime ne suit pas ses pistes et sa façon de faire, le sauveur souffre d’un immense manque de reconnaissance, ce qui peut le pousser à devenir persécuteur ou victime.

Pour sortir de ce rôle, il est important de lâcher-prise en redonnant le pouvoir à la victime et en la laissant expérimenter ses propres décisions, sans chercher à contrôler, à critiquer ou à influencer ses choix. Le sauveur doit trouver de nouveaux moyens de nourrir son sentiment d’amour propre et d’utilité.

 

LE BOURREAU / LE PERSÉCUTEUR

Le rôle où il est plus facile de reconnaître un proche que de se regarder en face. Personne ne rêve d’incarner le bourreau car il domine pour rehausser l’estime qu’il entretient de lui-même et qui dépend des autres.

À l’instar du sauveur, il se considère supérieur à la victime. En voulant avoir toujours raison, en se mettant facilement en colère, en réduisant son interlocuteur à une position d’infériorité, il stimule sa confiance. Son rôle de persécuteur n’a de valeur que s’il trouve une personne qui souffre d’être manipulée, menacée, harcelée, culpabilisée.

Ses critiques destructrices, ses humiliations, ses propos désobligeants, cachent en réalité un être pétrifié d’entretenir une relation véritable, de s’ouvrir et de risquer d’être vulnérable.

Pourtant, le persécuteur est, assez fréquemment, un sauveur ayant essayé différentes façons d’aider les autres et qui, déçu, a décidé que la manière forte donnait plus de résultats. Le bourreau est peut-être aussi une ancienne victime qui a choisi de se rebeller pour survivre et se protéger.

Pour sortir de ce rôle, il est important de consoler et de rassurer sa partie blessée. Nourrir sa confiance et reconstruire une estime personnelle avec des ressources d’amour et de compassion sont d’excellents moyens de reprendre sa joie en main et de se libérer de ce rôle qui monopolise énormément d’énergie.

 

LA VICTIME / LE MAÎTRE DU JEU

La victime est à la recherche d’un sauveur qui saura la délivrer du persécuteur. Et si ce dernier n’incarne pas un humain, il sera créé par la victime (factures, gouvernement, maladies, handicap, corvées, dépendances, difficultés financières, etc.).

La victime a oublié qu’elle pouvait reprendre son pouvoir et transformer sa vie à tout moment. Elle subit ce qui lui arrive, ce n’est jamais de sa faute. Les autres sont le problème, elle n’y est pour rien. La victime est coincée dans un sentiment d’impuissance, elle donne tout son pouvoir au sauveur, en espérant qu’il ne s’épuise jamais de l’entendre se plaindre.

Peu importe la solution que le sauveur apportera à la victime, celle-ci lui répondra inévitablement, « oui, mais… »; une subtilité qui permet de ne pas carrément dire « tes conseils ne s’appliquent pas à ma situation désespérée ». La victime attire inévitablement des sauveurs et persécuteurs dans sa vie afin de conforter sa croyance d’être une personne inférieure aux autres. Elle se sent souvent manipulée et agressée mais ne remettra que très rarement ses choix en question puisqu’ils nourrissent la compassion, la fausse protection et l’attention qu’elle reçoit du sauveur.

La victime souffre d’un manque affectif et au lieu de tout faire pour combler ce manque, elle attend que les autres comprennent son malheur et changent de comportement. Elle ne fera donc aucun effort pour sortir de son rôle puisqu’elle serait alors privée d’excuses pour justifier ses problèmes et devrait assumer ses responsabilités.

Pour sortir de ce rôle qui mène le jeu, il est important de reprendre son pouvoir, d’apprendre à se faire confiance dans le but d’agir seule, de faire face aux situations désagréables et de trouver ses propres solutions. Pour reprendre sa formule préférée : « OUI, l’échec est possible, MAIS les apprentissages le sont d’autant plus. »

3 trucs pour sortir de ce triangle toxique afin de devenir un adulte libre :

  1. Observer vos dynamiques relationnelles. Restez alerte afin de repérer le rôle que vous incarnez dans le but d’en sortir dès que vous prenez conscience que vous êtes en train de le jouer. La conscience ; cette capacité à faire face à vos comportements, est votre meilleure alliée.
  2. Pour éviter de se faire prendre au jeu, restez bienveillant et fiez-vous aux faits. En adoptant une attitude neutre et professionnelle, vous trouverez le moyen de poser des questions claires ou de nommer des informations factuelles. Ainsi, vous installez les bases d’une communication saine et efficace.
  3. Une façon plus radicale de bloquer le jeu est de sortir sa carte « miroir ». Au lieu de jouer le rôle complémentaire, choisissez de jouer exactement le même rôle que la personne devant vous. Dans une quelconque relation, si vous rencontrez une victime, jouez à la victime. Si vous faites face à un sauveur, jouez le sauveur. Idem avec le persécuteur. Mais dans ce dernier cas, attention à l’escalade rapide d’animosité. Restez prudent avec la carte « miroir » et veillez à ne l’utiliser que si les moyens précédents ne fonctionnent pas.

En dernier lieu, rappelez-vous que ces rôles ne sont ni votre identité, ni collés à vous pour le reste de votre vie. À tout moment, vous pouvez choisir de mettre fin à ce jeu psychologique en reprenant votre pouvoir et en ouvrant votre cœur à la compassion ; pour vous-même d’abord et pour les autres ensuite. Inutile de juger ces rôles, il suffit de les comprendre et d’adopter un comportement différent. Pour entretenir de saines relations et apprendre à échanger pacifiquement, les 5 points d’une communication non-violente peuvent s’avérer bénéfiques.

L’auteur

Mel Goyer
Coach PNL, conférencière, membre fondatrice de l’UNICPNL.

RASSEMBLER est son verbe préféré et Mel le met en action avec des projets tels que Les 3 font le mois et l’UNICPNL. Activiste engagée depuis plus une dizaine d’années dans les causes environnementales et sociales, elle reste passionnée par le développement personnel, ce qui l’a poussé à recevoir sa certification de Coach PNL en 2015. Son franc-parler et son authenticité ont construit sa réputation lors de ses conférences. Guidée par son instinct, Mel désire faire une différence positive dans le monde actuel.

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